Visite de proches auprès d’une personne aînée à domicile pour observer des signes liés à la prévention de la perte d’autonomie.

Prévention de la perte d’autonomie chez les aînés : reconnaître les signes avant les complications

Vieillir entraîne des changements, c’est connu. Toutefois, la perte d’autonomie n’est pas une conséquence normale du vieillissement. Dans de nombreux cas, elle peut être prévenue ou ralentie lorsque les bons signes sont reconnus tôt et que des actions appropriées sont mises en place.

Vous vous inquiétez pour un proche aîné et vous vous demandez si certains changements sont normaux en vieillissant ? Cet article vous aide à reconnaître les signes qui méritent une attention et à mieux comprendre quand il peut être utile d’agir, sans dramatiser ni brusquer la personne concernée.

Pour les proches, il n’est pas toujours évident de faire la part des choses :

  • Qu’est-ce qui relève du vieillissement normal ?
  • Quels changements doivent susciter une attention particulière ?
  • Quand et comment intervenir sans inquiéter ou brusquer la personne aînée ?

Dans la MRC du Granit, l’équipe de gériatrie sociale du Service d’aide à domicile du Granit s’appuie notamment sur le questionnaire AINÉÉS AD-PLUS, un outil de prévention reconnu qui aide à structurer l’observation des changements et à orienter les actions, au bon moment.


Pourquoi la prévention de la perte d’autonomie commence par l’observation

Les proches sont souvent les premiers à remarquer que « quelque chose a changé ». Bien souvent, ce sont les signes liés à l’état de santé qui sautent aux yeux : fatigue inhabituelle, chutes, pertes de mémoire, baisse de moral.

À l’inverse, les signes liés à l’environnement et à l’organisation du quotidien sont plus subtils et passent facilement inaperçus, alors qu’ils ont un impact direct sur la santé et la capacité de demeurer autonome.

Commencer par observer l’état de santé est donc stratégique, mais cette observation gagne à être complétée par une réflexion sur l’environnement et les conditions de vie à domicile.


L’état de santé : les premiers signaux à reconnaître

Le questionnaire AINÉÉS permet de mieux comprendre les changements liés au vieillissement et d’identifier ceux qui méritent une attention particulière. Certains changements sont attendus avec l’âge, tandis que d’autres peuvent signaler un début de perte d’autonomie.

Autonomie et mobilité

Ce qui est généralement normal en vieillissant
Marcher un peu plus lentement, ressentir la fatigue plus rapidement après un effort, constater une légère diminution de la force musculaire, de l’endurance ou de la souplesse.

Ce qui doit attirer l’attention
Une difficulté nouvelle à se déplacer ou à accomplir les activités habituelles, des pertes d’équilibre, des chutes, une peur persistante de tomber ou la nécessité de s’appuyer sur les meubles pour marcher ne doivent pas être banalisées. La présence inhabituelle d’essoufflement, de fatigue ou de douleur qui empêche de fonctionner normalement mérite également attention.


Intégrité de la peau

Ce qui est généralement normal en vieillissant
Avec l’âge, la peau devient souvent plus mince, plus sèche et plus fragile.

Ce qui doit attirer l’attention
La présence de rougeurs ou de plaies qui guérissent mal, l’apparition soudaine de zones douloureuses ou de boutons, des ecchymoses inhabituelles, des démangeaisons persistantes ou des douleurs aux pieds et aux ongles qui compliquent le port de chaussures.


Nutrition et hydratation

Ce qui est généralement normal en vieillissant
Il est fréquent de ressentir une diminution de la perception des saveurs, de manger des portions un peu plus petites ou d’avoir un appétit légèrement réduit.

Ce qui doit attirer l’attention
Une diminution marquée ou une perte d’appétit, une difficulté à se procurer ou à préparer les aliments, une perte de poids involontaire, des difficultés à manger, à avaler ou à mastiquer, une toux fréquente en mangeant ou en buvant ou une sensation de blocage dans la gorge doivent être prises au sérieux.


Élimination urinaire et intestinale

Ce qui est généralement normal en vieillissant
Il est courant d’avoir besoin d’uriner un peu plus souvent, notamment la nuit, ou de présenter une tendance à la constipation.

Ce qui doit attirer l’attention
L’apparition ou l’aggravation de fuites urinaires ou intestinales, des difficultés à uriner, des douleurs, la présence de sang dans l’urine ou les selles, une constipation ou une diarrhée persistante, ainsi que des douleurs abdominales ou au passage des selles, nécessitent une attention particulière.


État cognitif, communication et humeur

Ce qui est généralement normal en vieillissant
Des oublis occasionnels, une difficulté passagère à trouver ses mots, une attention plus fragile en situation de stress ou un besoin accru de lumière et de calme sont des changements fréquents.

Ce qui doit attirer l’attention
Des oublis réguliers d’événements ou de rendez-vous, une désorganisation dans des tâches auparavant simples, des difficultés à communiquer ou à se faire comprendre, une perte d’intérêt pour les activités appréciées, un désintérêt pour l’hygiène personnelle, une tristesse persistante, une irritabilité inhabituelle ou une consommation accrue de médicaments, d’alcool ou de cannabis doivent être pris au sérieux.


Sommeil

Ce qui est généralement normal en vieillissant
Le sommeil peut devenir plus léger, avec des réveils plus fréquents, et une courte sieste durant la journée peut être bénéfique.

Ce qui doit attirer l’attention
Une fatigue qui affecte la capacité à prendre soin de soi, une somnolence qui nuit à la vigilance lors de la conduite ou dans les escaliers, un besoin de dormir excessif durant la journée ou un recours inhabituel à des médicaments ou à l’alcool pour dormir sont des signes à ne pas banaliser.


Premier geste à poser : observer et en parler

Lorsque plusieurs de ces signes sont présents, le premier réflexe est d’en parler avec la personne concernée, avec respect et en tenant compte de son consentement. Mettre des mots sur ce qui est observé permet souvent d’agir plus tôt et d’éviter des complications.

Observer des changements chez un proche aîné, c’est avant tout porter attention à ce qui évolue, avec bienveillance. Mettre des mots sur ses observations permet souvent d’agir plus tôt, avant que les situations ne se compliquent.


AD-PLUS : l’environnement, souvent invisible mais déterminant

Certains signes de perte d’autonomie ne sont pas directement liés à l’état de santé, mais plutôt à l’environnement, à l’organisation du quotidien et au soutien disponible. Ces éléments passent souvent plus inaperçus, alors qu’ils peuvent accélérer la détérioration de la situation s’ils ne sont pas pris en compte.

Voici les principaux signaux à surveiller dans la vie quotidienne d’une personne aînée vivant à domicile.


Autosoins de santé

Ce qui doit attirer l’attention
Une difficulté persistante à prendre les médicaments correctement, des effets secondaires apparus après un changement de médication, l’arrêt ou la modification d’un traitement sans en parler à un professionnel de la santé, ou une difficulté à effectuer des soins de base (pansements, glycémie, pression artérielle, soins des pieds) sont des signaux importants. Ces situations peuvent avoir des conséquences directes sur la santé et la sécurité.


Accès aux services et au matériel

Ce qui doit attirer l’attention
Une difficulté à obtenir ou à se rendre à des rendez-vous médicaux, une attente prolongée pour du matériel essentiel (canne, marchette, banc de douche), l’utilisation d’équipements défectueux ou l’impossibilité d’accéder à des services d’aide à domicile malgré un besoin réel sont des situations préoccupantes qui augmentent les risques à domicile.


Domicile sécuritaire et adapté

Ce qui doit attirer l’attention
Un éclairage insuffisant, des escaliers ou corridors en mauvais état, des meubles mal disposés, des obstacles au déplacement, une température difficile à maintenir à un niveau confortable ou un aménagement non adapté peuvent nuire à la sécurité et favoriser les chutes, même chez une personne dont la santé semble relativement stable.


Proches aidants

Ce qui doit attirer l’attention
Un épuisement marqué du proche aidant, des tensions relationnelles croissantes, une diminution importante du soutien offert par l’entourage ou le fait qu’une personne aînée assume elle-même un rôle de proche aidant devenu trop exigeant sont des signaux à ne pas banaliser. La fragilisation du proche aidant a un impact direct sur la capacité de maintien à domicile.


Loisirs, rôles et vie sociale

Ce qui doit attirer l’attention
Un retrait social progressif, l’abandon d’activités qui donnaient du sens au quotidien, une tendance accrue à vouloir rester seul, la perte récente d’un rôle important (bénévolat, travail, aide familiale) ou un deuil non résolu peuvent affecter la santé globale et accélérer la perte d’autonomie.


Urgence d’agir

Ce qui doit attirer l’attention
Le fait de retarder systématiquement les consultations ou les démarches malgré des inquiétudes pour la santé, par peur de déranger, par crainte d’une hospitalisation ou par volonté de rester autonome, est un signal important.
Cette tendance à attendre trop longtemps avant de demander de l’aide peut entraîner une aggravation de la situation et compliquer des interventions qui auraient pu être simples si elles avaient été entreprises plus tôt.


Salubrité

Ce qui doit attirer l’attention
Des inquiétudes liées à la propreté du logement ou à l’état des lieux doivent être prises au sérieux. La présence de moisissures, d’excréments d’animaux, d’insectes nuisibles, de punaises de lit, d’accumulation excessive d’objets ou l’utilisation d’appareils ménagers insalubres (réfrigérateur, four, micro-ondes) peuvent avoir un impact direct sur la santé, la sécurité et le bien-être de la personne aînée.


À retenir

Pris isolément, chacun de ces éléments peut sembler mineur. Ensemble, ils peuvent toutefois fragiliser rapidement l’autonomie et compromettre le maintien à domicile. Les repérer tôt permet souvent de poser des actions simples, préventives et respectueuses du rythme de la personne aînée.


Les rencontres au domicile : un contexte propice aux observations

Les visites et rencontres au domicile d’une personne aînée offrent souvent un éclairage précieux sur sa réalité quotidienne. Être présent dans son environnement permet de mieux observer certains éléments qui passent difficilement par la conversation seule : l’aménagement des lieux, l’état de propreté, l’éclairage, la sécurité des déplacements, l’organisation de la médication ou encore la gestion des repas.

Lors de ces rencontres, certains signes peuvent devenir plus visibles : une fatigue accrue, des difficultés à se déplacer dans le logement, un laisser-aller dans l’entretien, ou des commentaires plus découragés sur le quotidien. Si vous avez l’impression que votre proche a « reperdu un peu », faites-vous confiance. Ces observations constituent souvent un point de départ pertinent pour amorcer une discussion et envisager des actions préventives, dans le respect et le consentement de la personne.


La gériatrie sociale : soutenir sans remplacer

La gériatrie sociale vise à prévenir le déclin et à renforcer les capacités, plutôt qu’à faire à la place de la personne.
L’équipe du Service d’aide à domicile du Granit peut :

L’objectif est de permettre à la personne aînée de demeurer actrice de ses choix, le plus longtemps possible.


Que faire lorsqu’on observe des signes préoccupants ?

Reconnaître des signes qui méritent attention peut susciter des questions, parfois même une certaine inquiétude. Il n’est toutefois pas nécessaire d’agir dans l’urgence ni de poser des gestes brusques. En prévention, les actions les plus efficaces sont souvent simples et progressives.

Chercher de l’information, poser des questions et explorer l’ensemble des ressources disponibles dans la communauté, incluant celles du réseau de la santé, du milieu communautaire et des services publics, font partie intégrante de la prévention.

Prendre le temps d’observer et de noter

Lorsque des changements sont observés, il peut être utile de les noter mentalement ou par écrit : depuis quand sont-ils apparus, à quelle fréquence, dans quels contextes ? Cette observation permet de mieux distinguer une situation ponctuelle d’une tendance qui s’installe.

En parler avec la personne concernée, avec respect

Partager ses observations avec un proche aîné devrait se faire dans un climat de confiance, sans jugement ni dramatisation. L’objectif n’est pas de convaincre ou d’imposer, mais de valider comment la personne se sent et de voir si elle-même perçoit ces changements.

Le consentement et le respect du rythme de la personne demeurent essentiels à toute démarche.

Ne pas banaliser ce qui se répète ou s’aggrave

Un signe isolé peut parfois être passager. En revanche, la répétition, l’aggravation ou l’accumulation de plusieurs petits changements mérite une attention particulière. C’est souvent cette combinaison qui indique qu’un soutien pourrait être bénéfique.

Considérer l’ensemble de la situation, pas seulement un élément

L’état de santé, l’environnement, le soutien disponible et le quotidien sont étroitement liés. Une difficulté dans un seul de ces aspects peut en entraîner d’autres. Prendre du recul pour considérer la situation dans son ensemble permet souvent de mieux comprendre les enjeux en jeu.

S’informer et s’orienter avant que la situation ne se complique

Chercher de l’information, poser des questions et explorer les ressources disponibles font partie intégrante de la prévention. Agir tôt permet souvent d’éviter que des situations simples deviennent plus complexes et plus lourdes à gérer, tant pour la personne aînée que pour son entourage.


En prévention de la perte d’autonomie des aînés, retenons que…

Observer, en parler et s’informer sont des gestes de prévention à part entière. Ils permettent de soutenir l’autonomie, de respecter les choix de la personne aînée et de favoriser un vieillissement en santé, dans la mesure du possible.

Ressources disponibles pour soutenir la prévention

Lorsqu’on observe des changements chez un proche aîné, il peut être rassurant de savoir que plusieurs ressources existent, et que le soutien ne repose pas sur une seule organisation. La prévention de la perte d’autonomie passe souvent par une meilleure connaissance des options disponibles et par une orientation adaptée à chaque situation.

Ressources du milieu et du réseau

Dans la MRC du Granit, différentes ressources peuvent contribuer à soutenir les personnes aînées et leur entourage, selon les besoins observés :

  • services d’aide et de soutien à domicile ;
  • ressources communautaires ;
  • organismes de soutien aux proches aidants ;
  • services du réseau de la santé et des services sociaux ;
  • outils d’information et de prévention.

👉 Voir le Répertoire des ressources aux aînés du Granit


Outils pour structurer l’observation

Pour les personnes qui souhaitent approfondir leurs observations de façon autonome et préventive, le questionnaire AINÉÉS AD-PLUS est également disponible en format PDF. Cet outil permet de porter un regard global sur l’état de santé et l’environnement, et d’identifier plus facilement les situations qui pourraient mériter un soutien.

👉 Télécharger le questionnaire AINÉÉS AD-PLUS (PDF)


Accompagnement en gériatrie sociale

L’équipe de gériatrie sociale du Service d’aide à domicile du Granit peut également accompagner gratuitement les personnes aînées et leurs proches pour :

  • mieux comprendre une situation ;
  • clarifier les enjeux observés ;
  • orienter vers les ressources appropriées, selon la réalité et les volontés de la personne.

L’objectif demeure toujours le même : soutenir l’autonomie, renforcer les capacités et favoriser un vieillissement en santé, au cœur de la communauté.

👉 Visitez la page de notre site Web consacrée au service de gériatrie sociale

Un accompagnement gratuit possible en gériatrie sociale

Pour les personnes qui souhaitent en discuter ou qui se questionnent sur la situation d’un proche aîné, il est possible d’entrer en contact avec l’équipe de gériatrie sociale du Service d’aide à domicile du Granit. Les navigatrices peuvent offrir une écoute, aider à mieux comprendre une situation et orienter vers les ressources appropriées, dans le respect du rythme et du consentement de la personne concernée.

Coordonnées – Gériatrie sociale
Service d’aide à domicile du Granit
Marie-Pier Bouffard, infirmière auxiliaire
Coordonnatrice – volet gériatrie sociale
Téléphone : 819 583-2550, poste 717
Courriel : mpb@sadgranit.com

(Notre service de gériatrie sociale est gratuit et offert uniquement aux personnes aînées vivant dans la MRC du Granit.)

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